mardi 8 janvier 2013

Malo de Lange, fils de voleur / Marie-Aude Murail

1822. Malo est un orphelin avec une fleur de lys tatouée sur l’épaule. Adopté très jeune par les sœurs De Lange, deux vieilles filles, il grandit entre l’amour plein de convenance des vieilles dames. Il devient ami avec deux jeunes filles : Léonie sa voisine, riche, jolie et bien élevée, qu’il rêve d’épouser plus tard, et La Bouillie, une domestique qui jure comme un charretier et lui apprend la langue des voleurs.

Tout se complique lorsque son prétendu père, Riflard, qui l'avait déposé à l'hospice, vient l’enlever. Malo parvient à s’enfuir, mais ayant peur que Riflard le retrouve chez les soeurs De Lange, il se rend à Paris pour découvrir le mystère de sa naissance, car il est persuadé que Riflard lui ment. En chemin, il rencontre Craquelin, un petit garçon en manque d’amour, Bourguignon, un gros garçon casse-pied, et François Janvier, un jeune poète naïf et parasite. Malo doit protéger ces trois-là tout en échappant à une bande de malfrats qui tue et vole sans pitié, dont Riflard fait visiblement partie.
 
A Paris, ils emménagent au Lapin Volant, une taverne malfamée où Malo retrouve La Bouillie. Avec sa débrouillardise et sa connaissance de l’argot, il se retrouve bien vite embauché par La Comtesse de La Perlouze pour de petites missions d’espionnage. Malo est certain que son passé et son avenir sont  liés au monde de la pègre.

Un nouveau succès de Marie-Aude Murail, qui s'attaque sans problème au roman historique. On retrouve dès les premières pages la fluidité de son écriture et son humour omniprésent. Malo nous embarque avec sa troupe dans ses aventures rocambolesques. On apprécie l'utilisation de l'argot de l'époque, utilisé par les voleurs et les gens des bas-quartiers qui donnent un rendu haut en couleurs. Marie-Aude Murail l'uilise judicieusement, en introduisant les termes petit à petit ce qui fait que sans s'en rendre compte on finit le livre en comprenant sans traduction les phrases les plus fleuries ! (Je jaspine l'arguche = je parle l'argot)
 
Cependant, au-delà de la forme humoristique et du roman picaresque, c'est une vraie peinture sociale que nous décrit l'auteur, avec ses castes, ses codes et ses langages. La vie de voleur, c'est aussi être confronté aux dangers, à la mort, à la faim... avec son lot de conséquences dramatiques. Malo de Lange est avant tout une quête d'identité, avec un héros touchant dans la recherche de sa filiation, prêt à assumer des parents voleur, tueur ou prostituée.
 
Pour finir, c'est un roman très facile à lire, aux paragraphes aérés et aux chapitres courts, que je conseillerais à partir de 11 ans sans hésiter !
 

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